Dans cette technique en relief, Aurélien Benoist trouve un rapport immédiat à la surface : creuser le linoléum revient à dessiner par retrait, à construire l’image par soustraction. Cette économie de moyens — gouges, plaque, encre, papier — correspond à sa recherche d’une forme essentielle, débarrassée de l’ornement. Le noir et blanc domine souvent, non comme effet graphique, mais comme structure : tension entre plein et vide, entre masse et respiration.

La linogravure lui permet d’explorer une écriture visuelle faite de fragments, de signes et de silences. Les formes, parfois proches de l’idéogramme ou de la trace archaïque, dialoguent avec des éléments textuels intégrés à la composition. Texte et image ne se commentent pas ; ils coexistent dans un espace de friction, invitant le regardeur à une lecture active.

Son approche privilégie le tirage manuel, attentif aux variations d’encrage et à la qualité du papier. Chaque impression devient une occurrence singulière, révélant des nuances de matière et de pression. Cette attention au multiple inscrit son travail dans une réflexion plus large sur la diffusion de l’image imprimée et sur la valeur contemporaine du geste artisanal.