Jack Lang, le minitel 2.0

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Tout le monde connait Jack Lang et tout le monde semble l’apprécier pour sa politique culturel. Et bien au risque de vous étonner, je suis très loin d’être un fan de Jack. Les raisons sont nombreuses et mériteraient peut être un débat de fond sur son impact (en bien ou en mal) sur les différents secteurs de la culture. Jack, par contre, s’aime et pense certainement être un grand visionnaire en cette décennie.

Dans deux articles publié dans Le Journal des Arts n°575 du 15 octobre, il ne cesse de nous le faire comprendre, heureusement qu’il est ou était là!!! Mais il y a un interview qui m’a fait proprement halluciner, celui-ci s’intitule sobrement « Où sont les débats culturels? », bon ok, sobrement n’est peut être pas le bon terme!

C’est vrai ça Jack Lang, où sont t’ils?

La culture est un vaste sujet, comprenant multitude de secteurs bien différents les uns des autres. C’est pour cette raison que je vais m’appliquer ici, à ne parler que des domaines qui me sont proches et éviter les terrains qui me seraient glissant, c’est à dire éviter les arts vivant, cinéma et autres joyeusetés qui peuvent me paraître obscures. De toute façon, Jack ne parle que des dernières installations parisiennes.

De quoi parle t’il quand il s’étonne de ne plus voir de débats culturelle? Et bien c’est assez simple en fait, il parle de 3 artistes qui ont pour 2 fait plus l’actualité que l’autre. Ces artistes sont connues depuis très longtemps et avaient le soutien plein et entier de Monsieur le ministre Lang. Il s’agit des Christo (car oui ils sont deux) et de Buren. Alors, comment dire, autant l’emballage de l’Arc de Triomphe a suscité quelques réactions chez les plus réac, autant Buren, on s’en tape royalement!! Comment voulez vous qu’un artiste qui pose quelques vitres dans un lieu inaccessible au public, puisse ne serait-ce que faire frissonner qui que se soit? Au contraire, vous renforcez encore et toujours la sensation d’élitisme!!

Jack est nostalgique, il se souvient des colonnes de Buren qui avaient fait scandales alors que maintenant on s’en fout, ou de l’emballage du Pont Neuf et de ses « controverses ». Appuyé sur cette nostalgie, il s’offusque que « les communautés artistiques et culturelles sont plutôt muettes ». Je vais parler pour moi, mais je pense que la communauté artistique et culturelle s’en moque royalement de ces deux actualités. Quoiqu’il en soit, dans ces milieux, du moins ceux qui me sont proches, les débats ne sont pas là, et ces créations passent loin derrière nos préoccupations d’artistes!!

Mais alors quels sont ces débats?

Les débats qui alimentent la communauté sont plus terre à terre. A l’heure où j’écris par exemple, le débat porterait plus sur savoir si l’URSSAF du Limousin est compétent pour s’occuper de nous! Mais ce n’est pas le seul débat, loin de là, un qui préoccupe profondément les artistes et depuis longtemps, c’est de savoir si notre pratique est un métier et pourquoi notre ministre actuelle (je ne parle pas du précédent bien plus incompétent) semble penser que non. Oui, les débats d’une grosse partie de la communauté sont centrés sur l’administration, le respect de nos droits et la reconnaissance de notre métier par les institutions. Voici quelques exemples illustrant les conversations un peu partout. Cité plus haut, je vais revenir sur l’URSSAF Limousin en charge de nos statuts. La lourdeur de cette administration a fait exploser le site internet avant son lancement et depuis maintenant plus d’un an, il n’a toujours pas réussi à correctement fonctionner. Seul hic, c’est notre seule plateforme centralisant les charges que nous devons payer, et bizarrement, il n’y a aucun soucis pour nous demander de les payer, ces charges!

En parlant de charges, je vais vous parler de notre ministre (tu l’as le jeux de mots?) Nous avons obligation de payer des cotisations, ça d’accord, ce qui signifie que notre activité est bien professionnelle et nous classe donc dans les travailleurs indépendants. Administrativement cela veut dire que l’état considère notre activité comme comme une profession, je veux dire, que nous avons un numéro de siret comme tout plombier ou autre corps de métier. Vous devez me trouver lourd, mais d’après notre ministre, « les syndicats ça ne compte pas pour les artistes », les représentants de notre profession ne comptent pas… Qu’est ce que ça veut putain de dire? Et pourquoi alors elle est allée négocier avec les syndicats du ciné, de la musique,…?

On a beaucoup débattu aussi sur le rapport Racine, lueur d’espoir pour les AA, on a beaucoup débattu pour savoir s’il allait servir à caler un bureau ou une armoire, la question reste en suspend.

Je veux bien sortir de ces débats contemporains et regarder du coté de la création, mais en regardant ces artistes, Christo et Buren, je ne peux que dire un truc c’est vieux, il n’y a rien de révolutionnaire, d’outrageant ou de renversant, ce sont des artistes d’état, acceptés par le plus grand nombre, rien à débattre là-dessus. Pour être honnête, j’aime plutôt ce que font les Christo et si quelqu’un venait à me dire que c’est une honte d’emballer l’Arc de Triomphe, ma réponse serait plutôt simple: OK Boomer.

J’ai une question pour vous, où sont les jeunes artistes français? comment sont-ils soutenues?

Conclusion

En fait monsieur Jack Lang, ce n’est pas à la communauté artistique et culturelle de débattre sur des projets artistiques vieillot, mais bien à vous d’interpeller notre cher ministre pour les alerter sur notre condition et de la forcer à écouter nos représentants professionnels. Nous en avons marre de bosser gratis pour des institutions, de payer pour exposer, d’organiser bénévolement pour le compte de structures, d’être payé en sandwich, nous en avons marre!

Bon j’ai écrit ça pendant mon vide atelier ça vaut ce que ça vaut

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