Salon des Beaux Arts

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Il y a peu j’ai reçu une réponse à un appel d’artiste de la Société des Beaux Arts. Il organise le Salon des Beaux Arts au Carrousel du Louvre.

Donc j’étais pré-sélectionné et il me fallait remplir un dossier pour être sélectionné ou non à ce salon. Je me mets donc à la lecture de ce dossier. Bien m’en a pris, voir même j’aurai dû le faire avant de m’inscrire. Je découvre donc les conditions pour y participer.

La Société des Beaux Arts

Avant de vous étaler les conditions, je vais faire un petit topo sur cette structure qu’est La société des Beaux Arts:

La Société Nationale des Beaux Arts est une association reconnue d’utilité publique depuis 1909 et bénéficie depuis plus d’un siècle du Haut Patronage du Président de la République, signe du sérieux et de la qualité de ses démarches.

http://www.salondesbeauxarts.com/bureau-snba/

Outre son statut associatif, elle compte pour le salon qu’elle organise, 12 partenaires et pas des moindres. Je vous laisse les découvrir ici: http://www.salondesbeauxarts.com/partenaires/

On peut facilement gager de la qualité de cette structure et des événements qu’elle organise.

Oui mais…

Oui mais voila, il y ces fameuses conditions. Il faut payer pour participer. Pas 20 boules, ou même 40, non, il faut déjà débourser 50 euros de frais de dossier non remboursable. Bon, hein, c’est devenu la norme dans beaucoup de cas, voir même je peux comprendre s’il y a des personnes à payer pour ce travail.

Mais ce n’est pas tout. Une fois définitivement sélectionné, il faut débourser pour les graveurs 300 euros et pour les peintres et sculpteur 480 euros. Ces prix sont pour un espaces de 1,20 x 1,20 mètre. Ca fait cher le m². Attention, si vous souhaitez payer par virement, ajoutez 30 euros au frais, et si en plus vous avez un soucis pour venir chercher votre travail à temps, ajoutez des frais de stockage entre 30 et 50 euros.

Au total

M’est venue l’idée absurde d’évaluer le montant total de cette petite histoire. Il y a 600 artistes de sélectionnés d’après ce que j’ai pu trouver dans leur catalogue. Je pars sur la moitié de graveurs, ce qui n’est surement pas la réalités, mais devrait équilibrer mes erreurs d’appréciation.

Donc 600 artistes x 50 euros de frais de dossier= 30 000 et ça c’est seulement pour les artistes sélectionné, il n’y pas ceux non sélectionnés. On ajoute à ça 300 graveurs x 300 euros = 90 000 et 300 peintres et sculpteurs x 480 euros = 144 000
Tout ceci nous donne un total (certainement en dessous de la réalité) de 264 000 euros.
J’oserai bien arrondir ceci à 300 000 euros.

Mon ressentie

Donc oui, je trouve ça très excessif autant les frais de dossier que les frais d’accrochage. D’autant qu’il y a des partenaires qui participent et certainement des subventions et dons au vu du statuts d’intérêt publique et de la défiscalisation qu’elle engendre.
Ajoutons à cela les frais de transport, de bouche et couchage, on explose le budget, pour être sympa, j’ai estimé ceci entre 300 et 500 euros. Donc un coût personnel d’un minimum de 650 euros.

En ce moment, avec ma collègue Catherine Goursolas, nous montons un festival sur l’estampe, la micro-édition et les arts du papier avec 1750 euros. Nous ne demandons rien aux artistes, même nous avons un peu honte de ne pas les payer. D’ailleurs je me demande à quel point ce salon des Beaux Arts ne va pas à l’encontre du droit de monstration.
Alors je ne mets pas en doute la grande qualité du salon, ni des artistes, mais encore une fois, on enterre les artistes qui ne peuvent pas se permettre ce genre de fantaisie faute de moyens. Du coup, j’ai du mal à voir l’intérêt publique ici. Je ne m’étonne plus de voir les artistes français disparaître de la scène nationale, entre les salons trop cher et les loueur de cimaises, peu d’entrepreneurs/animateurs/structure de la culture font réellement leur travail.

Je trouve ces conditions honteuses, autant par le chiffre, que par les promesses proposées.

Que faire?

Alors là je n’ai pas de réponse, dialoguer avec les organisateurs, faire pression sur les financeurs institutionnels,… Y a bien un truc de ouf que les artistes professionnels pourraient faire, se regrouper. Bon, là, je rêve debout. Surtout que l’on se retrouve maintenant en direct concurrence avec les artistes amateurs qui n’hésitent pas à payer des galeries ou salles d’exposition pour y installer leurs travaux. On trouve malgré tout quelques initiatives avec des ateliers galeries, des galeries gérées par des collectifs d’artiste, des galeries comme celle que nous avons mis en place (fonctionnant comme une galerie traditionnelle et ne vivant que grâce aux ventes). Il y a aussi de plus petits salons où les frais reste « humains », voir même n’existe pas (je pense à Microsiphon à Mulhouse ou encore D’Encre et de Papier à Dole). Toutes ces solutions restent peux courantes, voir anecdotiques.

Enfin bref, je dois l’avouer, je n’ai pas de solution révolutionnaire.

Avertissement

Je ne suis pas journaliste, les chiffres concernant les Salon des Beaux Arts sont une approximation. Mes propos sont appuyés sur ce que j’ai trouvé sur leur site. Je laisserai bien évidemment un droit de réponse à la Société Nationale des Beaux Arts.

Si ce droit de réponse est effectué, il sera communiqué lors de ma newsletter: https://abenoist.com/newsletter/

Je ne suis pas sûr de me faire des copains, mais c’est pas bien grave.

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